Le blason des anciens du collège Hautefeuille

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Un Ancien surdiplômé, Louis da Silva (promo 1993)

Cet entretien, réalisé avec Louis da Silva, qui réside actuellement en Allemagne avec son épouse et son fils, montre comment Hautefeuille et le Club Fennecs ont pu servir d’incubateur à un esprit solide, mais qui manquait alors d’assurance.

Louis da Silva, tu as un beau palmarès de diplômes : Master de Sciences Politiques et Sociologie, Post-graduation in Strategic Leadership and HR Management. Lequel a le plus de valeur à tes yeux ?

Le diplôme post-universitaire en Leadership stratégique et gestion RH n’avait qu’un objectif de spécialisation « roue de secours » dans le cas où je ne puisse pas dans un premier temps intégrer le chemin de mes ambitions professionnelles.

Je dois préciser qu’après mon Bac S, j’ai d’abord intégré ce qui serait l’équivalent en France dans son cursus de l’École de Commerce (Business Management à l’Université Catholique du Portugal), ce qui correspondait dans son essence beaucoup plus à mes ambitions professionnelles.

Les objectifs de ce cursus étaient bien de nous former pour devenir les meilleurs gestionnaires possibles mais ce type de parcours universitaire me semblait être un copié-collé statique de la réalité actuelle du marché (assumant que la majorité des acteurs économiques suivaient notre bibliographie universitaire à la lettre) sans pouvoir nous préparer à ce que le futur pourrait nous réserver.

Nous étions en 1997 et l’âge d’or d’Internet commençait sans que personne ne puisse deviner à quoi allait ressembler le marché dans les années à venir.
J’ai considéré alors mes études universitaires dans une perspective épistémologique : Si je pouvais comprendre l’évolution de la pensée humaine face aux développements scientifiques, philosophiques et politico-économiques du passé, alors je pourrais acquérir une compétence à m’ajuster aux situations économiques ou scientifiques futures et une méthodologie pour apprendre ensuite ce qui n’est pas encore enseigné aujourd’hui.

Le Master de Sociologie et Sciences Politiques (que j’ai conclu à la même université) a totalement rempli ces attentes.

Tu es ancien de Hautefeuille et du Club Fennecs : quels sont, selon toi, les éléments qui t’ont aidé dans ces différentes formations ?

Aussi bien Hautefeuille que le Club Fennecs m’ont accueilli dès le début sans conditions et sans à priori. J’ai mis du temps à m’en rendre compte, mais cela a été très important pour mon manque d’assurance d’adolescent.

Hautefeuille m’a offert non seulement une formation scolaire évoluant en parallèle avec une formation spirituelle et personnelle (et soyons réalistes, il s’agit d’une offre unique si on considère les différents systèmes scolaires actuels des pays développés), mais aussi un suivi exemplaire des différents professeurs ne me faisant jamais sentir à l’abandon ou dans une impasse et qui m’ont permis d’identifier mes lacunes et de les corriger.... comme une sorte de compassion active des professeurs qui m’a appris à affronter les obstacles futurs.

Le Club Fennecs a été comme une deuxième maison. Il y a deux éléments pour lesquels je dois exprimer toute ma gratitude :

Le côté « leadership ». Le Club Fennec m’a régulièrement donné des responsabilités au cours des différents activités. Malgré mon jeune âge à l’époque, je remercie le club de n’avoir jamais douté de mon succès à mener à bien ces différentes responsabilités.

Conscient que chaque minute de notre temps est un don de Dieu, les différents responsables du Club m’ont fait don de leur temps sans compter. Que cela soit pour m’aider dans mon parcours scolaire ou dans mon développement personnel et spirituel. C’est ce don de leur temps qui est à l’origine de beaucoup de mes succès et pour lequel que je ne cesserai de sentir une immense gratitude à leur égard. Dans les situations où personne ne croyait vraiment en moi, le Club Fennecs a toujours répondu présent pour m’aider à prouver le contraire.

Et il y a bien sûr les amitiés qui se sont créées et qui ne seront jamais oubliées.

Tu as de belles responsabilités professionnelles : Directeur Commercial Export de la société Clatronic International GmbH. Tu es chrétien, époux et père : es-tu heureux, et quelle est selon toi la clé de ce bonheur, si c’est le cas ?

Lorsque tu me poses cette question, la première image qui me vient à l’esprit est celle de mon fils qui va avoir 1 an, jouant dans notre salon… et je réponds tout de suite « OUI ! je suis heureux ».

Bien sûr, chacun aura sa propre définition de bonheur, mais ce que je veux dire c’est qu’indépendamment de la définition de bonheur que l’on peut avoir, elle ne peut être valide que si elle est fondée sur l’amour du prochain. Sans cette fondation, il te sera possible d’accomplir toutes les autres étapes inclues dans ta définition de bonheur, sans pour autant être heureux.

Au fil de ton chemin vers le bonheur, beaucoup d’étapes seront reconsidérées, modifiées ou annulées. Sans cet amour du prochain comme constante, tu perdras l’essence de ta motivation et avanceras sans réellement savoir à quoi cela mène.

Une fois cette fondation bien claire dans ton esprit, tu pourras alors établir toutes les étapes qui te sont essentielles dans ta définition de bonheur (tes objectifs financiers, professionnels et spirituels)…

… pour te rendre compte au fur et à mesure d’une chose : le bonheur c’est le chemin même qui te mène à tes objectifs, qu’ils soient spirituels ou professionnels. C’est ton effort pour dépasser les obstacles, c’est le travail inlassable que tu dois accomplir mais surtout c’est savoir que tu chuteras encore et encore, conscient qu’être heureux n’appartient pas à ceux qui ne chutent jamais, mais à ceux qui ne cessent jamais de se relever, de reprendre et d’aimer ce chemin.

J’ajouterais que le doping du bonheur c’est la gratitude : En plus de toutes les choses pour lesquels je ressens une énorme gratitude (la santé de ma famille, notre situation professionnelle, etc.), il ne se passe pas une journée sans que je remercie Dieu de nous avoir créés avec ce pouvoir d’accomplir tout ce que notre esprit peut concevoir.

Alors, est-ce que j’ai atteint mes objectifs spirituels ou matériels ? Suis-je au sommet de mes ambitions ? Non.

Mais oui, je suis heureux, car même si aujourd’hui j’échoue, j’irai me coucher avec l’intention claire que je n’abandonnerai jamais, conscient de l’opportunité qui m’a été donnée.

Propos recueillis par Silvestre Baudrillart, ancien professeur et confident de jeunesse

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