Le blason des anciens du collège Hautefeuille

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Interview de l’abbé Dominique Hélou

L’abbé Dominique Hélou, alors qu’il était encore laïc, a été professeur de Mathématiques et sous-directeur de Hautefeuille de la fondation (1985) jusqu’en 1996. Il exerce maintenant son sacerdoce à partir d’un centre de l’Opus Dei au Liban, dont il est originaire. Entretien.

Comment préférez-vous qu’on vous appelle ? Père Hélou, Père Dominique, M. l’abbé Hélou ?

À vrai dire, je n’ai pas de préférence particulière. Je m’adapte aux personnes et aux façons de dire de chaque pays. En France, je me fais appeler l’abbé Hélou et au Liban, père Dominique ou encore Abouna Dominique, Abouna signifiant père en arabe.

Vous avez enseigné à Hautefeuille, comme professeur de Mathématiques et sous-directeur, depuis 1985 jusqu’à (1996). Pouvez-vous nous raconter par quelle suite de circonstances vous avez été amené à jouer ce rôle majeur dans les débuts de l’école ?

J’ai toujours été passionné par l’enseignement. Cela dit, poussé par mes frères aînés, j’avais préparé les concours d’ingénieurs et je fus admis dans une école d’ingénieurs. Cependant, je refusais de m’y rendre et préférais obtenir une équivalence et me lancer dans une licence puis une maîtrise et enfin un DEA de mathématiques. C’est alors que monsieur Pierre Sauleau me suggéra de participer au projet d’école en assurant les cours de mathématiques et en assumant une tâche de sous-direction de l’établissement. Il faut préciser qu’il s’agissait d’une véritable aventure : tout était à faire avec sept élèves au départ, mais une ambiance de famille très agréable.

Dans ces années de fondation, qui durent être passionnantes, racontez-nous votre(vos) meilleur(s) et pire(s) souvenir(s).

Mon meilleur souvenir est l’installation de l’oratoire dans les locaux du 9, avenue Robert Schumann et la célébration de la première Messe. Voir plusieurs mamans s’investir pour faire une peinture au pochoir dans l’oratoire et la présence réelle du Seigneur ne pouvaient que contribuer à la sérénité générale.

Mon pire souvenir est la mort prématurée de monsieur Christian Chabanis, écrivain, père de deux de nos élèves. C’était un véritable ami et qui a laissé trois enfants en bas âge. Je me rappelle avec émotion la visite que je lui fais à l’hôpital environ quinze jours avant sa mort. Il me fit part de sa joie à la perspective de voir le Seigneur Jésus prochainement, ce Seigneur pour lequel il avait destiné certains de ses livres. J’en suis sorti édifié.

Y a-t-il eu des élèves, des collègues ou des parents d’élèves qui vous aient particulièrement marqué ?

Il n’y a aucun doute que l’ambiance familiale et pleine de joie qui régnait à l’école a contribué à tisser des liens d’amitié avec beaucoup de familles, de collègues et d’élèves. Il est difficile de dresser une liste de noms exhaustive et en tout cas, je préfère ne pas le faire au risque d’oublier quelqu’un. Après mon départ de Hautefeuille, et un bref passage par Rome, j’ai commencé à enseigner dans un Collège privé du Liban. Le contraste était saisissant. Le passage d’une école à taille humaine et où, par le biais du préceptorat, tu arrives à connaître en profondeur tant les élèves que leurs parents, à une école qui ressemble plus à une usine et où tout est impersonnel, tu ne peux que valoriser les années précieuses passées à Hautefeuille.

Qu’avez-vous appris et que voudriez-vous transmettre à des parents ou des professeurs qui voudraient se lancer dans la fondation d’une école ?

Pour des parents ou des professeurs qui voudraient se lancer dans la fondation d’une école je leur dirais de s’armer de :
- la foi basée sur la confiance en Dieu car des difficultés de toutes sortes peuvent apparaître depuis le recrutement jusqu’à l’équilibre financier etc.
- la patience car un projet d’école prend du temps à voir le jour et se réaliser d’autant plus qu’il faut savoir convaincre les parents que l’école apporte un plus au plan éducatif et que leur investissement est fondamental. Ce dernier point est difficile car dans la mentalité ambiante, les parents ont l’habitude de déléguer tout à l’école et il y a des écoles qui ont une longue histoire prestigieuse.
- la constance par le déploiement d’une énergie considérable pour faire participer les parents au projet éducatif, en respectant la hiérarchie dans l’attention : les parents puis les professeurs et enfin les élèves. Beaucoup de parents ne sont pas conscients qu’ils sont et doivent être les premiers acteurs de l’école.

Vous êtes maintenant prêtre. Comment cela s’est-il passé ? Est-ce la conséquence d’une conversion ou d’un changement d’optique sur votre vie ?

Je suis prêtre depuis le 24 mai 2008 de la prélature de l’Opus Dei. Je me suis engagé dans l’Opus Dei en tant que laïc dans un premier temps. On y reçoit une formation solide au plan spirituel. Certains fidèles de cette Prélature, à l’appel de leur prélat et s’ils le souhaitent, peuvent, après s’y être préparés, recevoir l’ordination sacerdotale. C’est ce qui m’est arrivé. J’ai donc librement abandonné l’enseignement en 2005, pour me lancer dans des études théologiques. J’ai décroché un doctorat en théologie morale. Les prêtres dans l’Opus Dei sont au service des fidèles laïcs en les assistant spirituellement, c’est l’essentiel de mon travail actuel au Liban.

Qu’auriez-vous à dire à un jeune ingénieur qui se demanderait s’il n’a pas vocation à l’enseignement ?

Pour moi, l’enseignement est une vraie vocation. Il faut savoir concilier la compétence et surtout la pédagogie avec un véritable amour des personnes, ce qui demande une grande patience, un esprit de compréhension doublé d’une grande exigence. De fait, exigence et affection sont les deux caractéristiques qui distinguent un bon enseignant. Si un ingénieur est disposé à passer de la gestion de plans matériels à la gestion d’un groupe de personnes, il doit comprendre que cela requiert des sacrifices et souvent des remises en question. Voilà pourquoi j’ai commencé par dire que l’enseignement est une vraie vocation.

Que diriez-vous aux Anciens que vous avez connus ?

Aux Anciens que j’ai connus, je leur demanderais de rester fidèles aux valeurs qui leur ont été transmises lors de leur passage au Collège. Être des chrétiens cohérents dans la vie ordinaire. Sanctifier leurs vies à travers l’exercice des vertus humaines et surnaturelles. Être de bons guides pour tous ceux qui les côtoient et qu’ils croisent sur le chemin de leur vie. Qu’ils continuent à soutenir Hautefeuille par tous les moyens, car c’est un projet passionnant qui contribue à former de bons citoyens joyeux et équilibrés dont le monde a cruellement besoin aujourd’hui.

Silhouettes d'arbres et d'anciens d'Hautefeuille